Académie d'été pour le renforcement de la démocratie à travers la diplomatie culturelle:

 partage d'expériences entre les écoles d'études politiques de Bulgarie, du Maroc et de Tunisie (2014)

Partenaires



L'École bulgare de politique «Dimitry Panitza»(EBP)

L'École bulgare de politique « Dimitry Panitza »(EBP) a été créée en 2001 et fait partie du réseau des écoles d'études politiques sous l'égide du Conseil de l'Europe qui comprend 21 organisations de l'Europe centrale et orientale, du Caucase et du Sud de la Méditerranée. La mission de l'école est d'appuyer le développement d’une communauté de leaders civiques et politiques avec une position active au processus politique au niveau national, européen et global qui soit dévouée aux valeurs démocratiques modernes comme le pluralisme, la tolérance et le débat éclairé.

L'École bulgare de politique a une expérience de longue date dans quelques axes  principaux. A travers ses programmes de formation l'École essaie d'encourager les processus de démocratisation en Bulgarie, dans les pays des Balkans de l'Ouest et en Afrique du Nord.

Dans le programme national de formation « Capacités de gestion » sont formés ensemble de jeunes leaders civiques et politiques des partis représentés au Parlement bulgare, des représentants d'organisations non-gouvernementales, de l'administration centrale et locale, d'organisations professionnelles et des magistrats. La formation vise un débat public sur des thèmes importants comme les principes de gouvernance effective et éthique, la transparence et les comptes sur la gestion financière, la suprématie de la loi. L'EBP anime un réseau de plus de 500 anciens du programme national et les aide dans leurs actions pour des causes importantes pour la société.

Entre 2003 et 2011 plus de 200 jeunes leaders politiques et civiques des pays de l'Europe du Sud-Est ont suivi le programme régional « Le débat politique en Europe du Sud-Est » qui avait comme objectif d'encourager le dialogue constructif transnational sur les problèmes communs à la région.

L'École travaille activement dans les pays de l'Afrique du Nord. L'École politique de Tunisie a été créée avec l'aide de l'EBP et utilise pour son programme la méthodologie bulgare. L'École bulgare de politique et l'École citoyenne d'études politiques du Maroc ont une convention stratégique de coopération et d’échange d'expertise. L'expérience bulgare a servi aussi comme exemple et motivation pour la création de l'École citoyenne et politique de Yaoundé, au Cameroun.

L'École bulgare de politique « Dimitry Panitza » oeuvre pour l'augmentation de la participation civile dans la vie de la société bulgare en étudiant les formes de contrôle public sur les institutions et en soutenant le choix informé des citoyens par le biais de différentes initiatives et des outils en ligne. L'EBP réalise des projets dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques, de l'efficience énergétique et  du développement durable de l'économie avec moins d'émissions de CO2. L'École a une activité traditionnelle, depuis de longues années, dans le domaine de la philanthropie. Pour elle la philanthropie est une valeur qui doit être développée chez les jeunes bulgares. L'École soumet à des débats publics les problèmes et les défis que la philanthropie rencontre en Bulgarie et essaie de faire renaître les traditions de philanthropie dans le pays.



Ecole Citoyenne des Etudes Politiques - Maroc

L’Ecole Citoyenne des Etudes Politiques  est  une  dynamique d’action associative marocaine créée en décembre 2012, dans le cadre du renforcement des initiatives d’appui et d’accompagnement des acteurs marocains intervenants dans les différentes sphères de l’action publique, et porteurs d’actions dans les champs politique, économique, social, culturel et environnemental.

Forte de son ancrage territorial, et de sa constitution portée par une quarantaine de Réseaux et d’ONGs nationales et régionales, agissant dans des domaines variés de la gouvernance démocratique et des Droits Humains, l’action de l’Ecole Citoyenne se focalise sur la formation des jeunes leaders marocains agissants sur des politiques publiques nationales, et interagissant avec des questions liées aux nouveaux défis de la mise en œuvre de  la constitution.  Il s’agit de créer des espaces de débat qui impliquent de fortes connexions entre le savoir théorique et la compétence pratique en vue de traduire la politique en actes intelligibles.

L’action de l’Ecole est organisée sous forme de cycle de formation et bénéficie, chaque année,  à une trentaine d’acteurs des deux sexes sélectionnés dans toutes les régions du pays, suite à un appel à candidature. Ce groupe suit une série de séminaires, de tables rondes et de rencontres encadrés par des experts et praticiens, nationaux et internationaux, venant d’horizons différents et d’expériences multiples.

La démarche de l’Ecole se veut d’apporter une valeur ajoutée en inscrivant le travail collectif du groupe dans l’analyse de concepts, en même temps que dans l’acquisition des outils nécessaires à  l’action politique. Ceci dans la finalité de renforcer l’émergence et le positionnement de jeunes leaders (partis politiques, syndicats,  ONGs, parlementaires, élus et cadres des communes …)  capables de  dynamiser le débat sur les droits humains et la démocratie dans toutes les structures de la société.

L’Ecole est membre de l’Association des Ecoles d’Etudes Politique, basée à Strasbourg,  et s’inscrit  dans la dynamique du Conseil de l’Europe pour l’appui aux réformes démocratiques au sud de la méditerranée.


L'Ecole Politique de Tunis ( TSOP )

L'Ecole Politique de Tunis ( TSOP ) est une initiative conjointe entre l'Institut néerlandais pour la démocratie multipartite ( NIMD ) , DEMO Finlande , l'École bulgare de politique et le Centre des Etudes Méditerranéennes et Internationales ( CEMI ) .

L'objectif général de ce programme est de renforcer la démocratie inclusive et la participation des jeunes à la vie politique en Tunisie. Dans la poursuite de cet objectif plus général, l'objectif spécifique de l'action est d'accroître la capacité et les compétences des jeunes politiquement actifs. Ce résultat est obtenu en établissant un réseau de formation multipartite pour les jeunes dirigeants politiques. Le réseau de formation prend la forme de la Tunsian School of Politics (TSoP) qui s'adresse à des jeunes déjà actifs dans les partis politiques. La TSOP assure des cours qui fournissent aux jeunes politiciens une connaissance accrue du multipartisme et des pratiques démocratiques. Les cours leur fournissent également les compétences et les outils nécessaires pour influencer les décisions politiques d'une manière plus efficace.

La méthodologie globale de la TSoP est basée sur l'importance de l'engagement de tous les partis à appuyer le développement du système tunisien et démocratique, le renforcement des capacités de son groupe cible choisie les jeunes politiciens. L'approche interpartis encourage une participation constructive et la communication entre les différents partis politiques qui seront cruciales pour la transition démocratique et la stabilité de la Tunisie à long terme.

1. Création d'un réseau de formation interpartis pour les jeunes politiciens tunisiens

Cinq sessions de formations sont prévus pour deux groupes chaque année calendaire (environ 80 jeunes politiciens par ans). Parmi les participants de la TSoP, il y a une représentativité féminine de 40% et masculine de 60%. Environ 10 % de ces participants sont des députés de l'Assemblée constituante.

2. Partage des outils efficaces d'influence de la décision politique

En plus des séminaires thématiques, chaque cours se composent de 4-6 ateliers sur les outils nécessaires pour influencer les décisions politiques d'une manière plus efficace, et se composent aussi de débats politiques internes et externes, relatifs à la sensibilisation des médias, la négociation et le renforcement de la confiance et des stratégies de campagne.


                             

Le réseau des Ecoles d’études politiques du Conseil de l’Europe

 Construire une nouvelle culture politique démocratique

■ Au cours des 20 dernières années, les Ecoles d’études politiques du Conseil de l’Europe se sont développées pour former une nouvelle génération de dirigeants aspirant à construire une culture politique démocratique et moderne. Aujourd’hui, les Ecoles sont implantées en Europe Centrale,Orientale et du Sud-Est, dans le Caucase du Sud et en Afrique du Nord, notamment dans la région du Maghreb.

■ Les Ecoles d’études politiques offrent un espace ouvert et impartial où le dialogue et les

échanges sont encouragés entre futurs dirigeants actifs dans les domaines politique, économique,social, médiatique, culturel et environnemental. Les cycles annuels de séminaires et autres événements abordent des thèmes liés à la démocratie, à la primauté du droit et aux droits de l’homme.

■ Les participants sont issus de divers partis politiques, des administrations publiques, de différents secteurs de la société civile et des groupes minoritaires. De cette façon, les Ecoles permettent de rassembler les acteurs de toutes les composantes et facettes de la société qui, autrement, n’auraient que de rares occasions de communiquer entre eux. Dans de nombreux pays, les Ecoles d’études politiques semblent être le seul lieu où un tel dialogue est possible.

Une belle réussite du Conseil de l’Europe

■ La vitalité du modèle démocratique européen est mise en péril et fait face à un grand nombre de défis tels que l’extrémisme politique, le populisme, l’impact des crises économiques et financières, l’absentéisme électoral et la stagnation politique. Répondre à ces menaces est au coeur du mandat du Conseil de l’Europe et les Ecoles d’études politiques sont des partenaires fiables et actifs dans cette tâche, agissant comme de véritables multiplicateurs des valeurs et des normes promues par l’Organisation.

■ Parallèlement, le Conseil de l’Europe offre aux Ecoles un patronage, qui leur permet de se conformer aux standards élevés préconisés par l’Organisation. Ceci est particulièrement important dans les pays où elles peuvent être soumises à des pressions politiques.

■ En reconnaissant les bénéfices mutuels de cette relation, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a désigné les Ecoles d’études politiques comme un domaine prioritaire pour l’Organisation. Des efforts constants sont déployés pour associer davantage les Ecoles aux activités d’autres secteurs de l’Organisation, notamment celles liées à l’élaboration de normes, au monitoring et au renforcement des capacités, ainsi que celles de l’Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux.

Un réseau efficace et en expansion

■ Le réseau des Ecoles d’études politiques a été mis en place par le Conseil de l’Europe en 2005 et s’est développé au fil des années pour constituer un des réseaux européens les plus prospères et efficaces de formation de dirigeants démocratiques. Il renforce les liens entre les Ecoles elles-mêmes et avec le Conseil de l’Europe et permet aux Ecoles de coopérer au sein d’une communauté d’intérêts large et diversifiée, tout en gardant leur spécificité et leur autonomie. Le réseau contribue à garantir l’indépendance des Ecoles ainsi que leur adhésion aux valeurs démocratiques.

L’Association des écoles d’études politiques:

un réseau pour la démocratie du XXI e siècle

■ En 2008, les Directeurs des Ecoles d’études politiques ont fondé l’Association européenne des écoles d’études politiques en vue de renforcer les liens, stimuler le développement et soutenir l’action du Conseil de l’Europe dans la promotion du réseau des Ecoles. Dotées d’un cadre juridique, les Ecoles disposent dorénavant d’un outil qui permet au réseau de s’exprimer en tant que tel.

■ L’Association joue un rôle important dans le soutien du réseau des anciens des Ecoles. Le site de l’Association est devenu un lieu privilégié de communication et d’information pour ses membres et il fournit une plate-forme pour le dialogue et l’échange entre les anciens élèves et les participants actuels.



Renforcer la réforme démocratique dans les pays du voisinage méridional (Le Programme Sud)

Le « Printemps arabe » a montré la grande pertinence d'une politique du Conseil de l'Europe vis-à-vis de ses voisins, car les événements en Tunisie et dans d'autres pays de la région posent les questions fondamentales du respect des droits de l'homme, de l'Etat de droit et de la démocratie, qui sont au cœur du mandat de l’Organisation. C'est dans ce contexte que plusieurs pays du voisinage méridional ont manifesté leur intérêt pour renforcer la coopération avec le Conseil de l'Europe, en déterminant des lignes prioritaires de coopération.

Ces initiatives ont renforcé la nécessité de revoir les relations et les politiques existantes du Conseil de l'Europe avec ses voisins et de définir des priorités stratégiques claires sur la manière dont ces relations devraient se développer à l'avenir.

Dans ce contexte, il est à souligner que l’action du Conseil de l’Europe et celle de l’Union européenne procèdent sur la même longueur d’onde du moment où les deux visent à promouvoir les principes et valeurs démocratiques et de respect de la dignité humaine dans les pays concernés. Aussi bien le Conseil de l’Europe que l’Union européenne sont déterminés à accompagner activement les changement démocratiques dans ce pays à travers une approche concertée et en synergie avec les autres acteurs qui sont actifs dans la région. Depuis un certain nombre d'années déjà, le Conseil de l'Europe mène, dans plusieurs domaines spécifiques, une collaboration avec les pays d’Afrique du Nord et Moyen-Orient qui sont dans le sillage du « Printemps arabe ».

A la lumière des récents événements, un programme à hauteur de 4,8m €, financé par l'Union européenne et mis en œuvre par le Conseil de l'Europe, intitulé « Renforcer la réforme démocratique dans les pays du voisinage méridional » (Programme Sud), a été lancé en janvier 2012.

Le Programme Sud

Lancé en janvier 2012, ce Programme de trois ans– vise à renforcer le processus de réforme politique et démocratique dans les pays du sud de la Méditerranée en adoptant une approche ciblée et axée sur la demande. Le Programme poursuit quatre objectifs spécifiques:

1. Renforcer l'efficacité et l'indépendance du système judiciaire en améliorant les performances des tribunaux et en facilitant la réforme judiciaire, en prenant comme référence les normes pertinentes du Conseil de l'Europe.

2. Promouvoir une bonne gouvernance grâce à une plus grande prévention de la corruption et du blanchiment d’argent, en s'appuyant sur les normes, les mécanismes et les instruments pertinents de l'Organisation, et améliorer le cadre principal de la coopération régionale.

3. Renforcer et protéger les droits de l'homme, en particulier grâce à la prévention et à la lutte contre la traite des êtres humains conformément aux dispositions de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains et d'autres instruments internationaux.

4. Promouvoir les valeurs démocratiques dans la région, en s'appuyant sur les réseaux existants du Conseil de l'Europe, comme ceux développés par le Centre Nord-Sud, la Direction de la Jeunesse, le Groupe Pompidou, la Commission de Venise, les Ecoles d'études politiques et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Les domaines de coopération avec les pays du voisinage méridional sont décidés conformément aux besoins spécifiques exprimés par chacun d'eux, en se fondant sur les valeurs partagées qui sont les droits de l'homme, l'Etat de droit et la démocratie. Des activités seront menées au cours de la période 2012-2014 dans toute la région.